La machine à explorer l’espace

PRIEST Christopher

Article publié le mercredi 25 juin 2014 par Philémont

Quatrième de couverture

Christopher Priest est né à Manchester en 1943. Il écrit depuis 1968 et enseigne actuellement la science-fiction à l’université de Londres. Il édite une revue d’études sur ce genre littéraire : Foundation.

1893. Dans l’Angleterre victorienne, un jeune homme rencontre l’assistante d’un savant renommé. La jolie Amélia accepte de lui montrer la machine à explorer le temps, inventée par le Professeur.

Encore faut-il savoir se servir de cette machine. Une erreur de manipulation précipite les deux jeunes gens, non dans le temps, mais dans un lieu étrange, hostile, qui ne ressemble nullement à la Terre. Peu à peu, ils découvrent qu’ils sont sur Mars, un monde dont les habitants préparent l’invasion de notre planète.

C’est dans un des premiers astronefs de la conquête que Amélia et Edward font leur retour vers la terre et, plus précisément vers l’Angleterre. Sur la Tamise, ils rencontrent alors H.G. Wells en compagnie de qui ils vont vivre la guerre des mondes.

L’avis de Philémont

Voici incontestablement une oeuvre à part dans la bibliographie de Christopher PRIEST. Dédicacée à Herbert George WELLS son intrigue est inspirée de celles de deux romans fameux de ce père fondateur de la science-fiction : La Machine à explorer le temps d’une part, La Guerre des mondes d’autre part.

Dans la puritaine Angleterre de 1893, Edward Turnbull, voyageur de commerce inventeur à ses heures, fait la connaissance d’Amelia Fitzgibbon, assistante du savant Sir William Reynolds. Ce dernier vient d’inventer la machine à explorer le temps, ce dont Amelia, dans le jeu de séduction qui s’installe entre les deux jeunes gens, s’empresse de faire la démonstration à Edward. Mais une mauvaise manipulation transforme la machine à explorer le temps en machine à explorer l’espace et ils se retrouvent dans un univers hostile peuplé de monstres tentaculaires qui maintiennent en esclavage des créatures humanoïdes. Ces martiens (car il s’agit bel et bien de la planète Mars) préparent en outre un arsenal infernal pour envahir la Terre. Après moult péripéties, et motivés par la sauvegarde de leur planète natale, Amelia et Edward parviennent à s’introduire clandestinement dans l’un des premiers vaisseaux de l’invasion. De retour sur les rives de la Tamise en 1903, ils prennent alors une part active à la guerre des mondes, avec l’aide d’un philosophe nommé Wells…

Ainsi PRIEST tente-t-il de s’approprier deux oeuvres majeures de l’histoire de la science-fiction pour en créer une toute personnelle. Au-delà de l’hommage évident, cette dernière prend la forme d’une histoire simple et linéaire narrée sur un ton plein d’humour et délicieusement suranné. On est donc bien loin de la production désormais traditionnelle de l’auteur, et même de ses premiers romans, qu’il s’agisse du Rat blanc ou du Monde inverti. Avec La machine à explorer l’espace on est dans le divertissement pur ; cela ne signifie pas que l’exercice fut facile, mais cela mérite d’être souligné au regard de l’oeuvre de Christopher PRIEST dans son ensemble. Accessoirement il définissait nombre de codes d’un genre qui n’apparaîtrait que quelques années plus tard : le steampunk.


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