L’énigme du cadran solaire

GENTLE Mary

Article publié le vendredi 21 octobre 2011 par Philémont

Quatrième de couverture

Obéissant à un ordre de Marie de Médicis, sacrée la veille, le maître espion de Sully, Valentin Raoul Rochefort, organise l’assassinat d’Henri IV mais, ne tenant guère à ce que le projet aboutisse, il confie la tâche à un ancien instituteur de province un peu illuminé. Malheureusement, le 14 mai 1610, l’instituteur François Ravaillac profite d’un embouteillage dans les rues de Paris pour poignarder mortellement le roi. Condamné à l’exil, Rochefort se rend en Angleterre où, dès son arrivée, Robert Fludd, un disciple de Giordano Bruno, le charge d’assassiner un autre roi, Jacques Stuart.

Avec ce roman d’aventures dans lequel se mélangent espions, duellistes et astrologues, mathématiques divinatoires et histoire secrète, Mary Gentle confirme son immense talent et se hisse à la hauteur d’Umberto Eco et d’Arturo Pérez-Reverte.

Née en 1956, Mary Gentle publie son premier roman en 1977. Auteur de nombreuses nouvelles et d’une douzaine de livres, elle occupe aujourd’hui une place de choix dans la littérature de l’imaginaire, aux frontières de la science-fiction et de la fantasy contemporaines.

L’avis de Philémont

L’énigme du cadran solaire est un ouvrage à ranger dans la catégorie des romans de capes et d’épées. Il nous raconte les aventures du maître espion du duc de Sully, Valentin Raoul Rochefort, contraint de quitter Paris dans la précipitation après avoir organisé le meurtre d’Henri IV par Ravaillac, sous la contrainte de Marie de Médicis. Mais ce destin le poursuit jusqu’à Londres puisque Robert Fludd, disciple de Giordano Bruno, le charge d’assassiner Jacques Stuart, le roi d’Angleterre. Dès lors Rochefort se trouve impliqué bien malgré lui dans une sombre histoire mêlant politique et occultisme.

Pour ce roman Mary GENTLE s’appuie sur de solides références historiques du début du XVIIème siècle. Ce faisant elle s’amuse de jeter le trouble dans l’esprit du lecteur en mélangeant faits avérés et imaginaires, de même que personnages réels et fictifs. Elle va même jusqu’à flirter avec l’uchronie tout au long du roman et place ses éléments purement imaginaires dans un contexte parfaitement crédible (Giordano Bruno s’est bel et bien intéressé aux mathématiques divinatoires).

Sa prose se caractérise par ailleurs par une grande force descriptive de la société de l’époque. Ce sont les rues crasseuses des grandes capitales européennes, les relations entre classes sociales, ou encore les relations hommes-femmes. A ce dernier titre, celles de Rochefort, narrateur sur la quasi totalité du roman, et Dariole, qui l’accompagne dans ses aventures, en sont la parfaite représentation, y compris dans leurs aspects les plus intimes. Ces personnages sont en outre criants de vérité, GENTLE les présentant comme parfaitement ordinaires, en aucune façon comme des héros surhumains.

L’aventure étant trépidante, l’histoire dans la grande Histoire intéressante, le ton plein d’humour, L’énigme du cadran solaire se veut un divertissement de qualité. On ne peut guère que lui reprocher ici ou là quelques longueurs, lesquelles étaient probablement inévitables dans un roman aussi dense (1 100 pages tout de même).


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