Maul

Sullivan Tricia

Article publié le dimanche 26 juin 2011 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Epidémies mondiales, idéologie politique, sexe et shopping. Un roman féminin et féministe dans un monde à la Blade Runner et une révélation en France au rayon SF !

Dans un centre commercial comme un autre, deux gangs de filles règlent leurs différends à coups de flingue. Sun Katz, habillée, coiffée et maquillée, s’apprête à en découdre avec le gang de 10Esha quand une des ses compagnes d’armes dérape et ouvre le feu sur tout ce qui bouge.

Sun Katz doit maintenant tenter de sortir du centre commercial cerné par la police et les caméras, mais elle aimerait au passage mettre le grappin sur 10Esha qui menace de publier sur le Net une vidéo plutôt embarrassante. Ce monde de chaos consumériste se révèle être une simulation virtuelle projetée dans le cerveau de Meniscus, un des rares survivants au virus Y qui a exterminé la quasi-totalité de la population mâle de la planète. Il est maintenu dans cette transe artificielle et anesthésique par des scientifiques qui emploient les ressources exceptionnelles de son corps à la création d’armes biologiques. Quand la douleur finira par affoler son cerveau en pénétrant dans le centre commercial, Meniscus comprendra que la destinée qu’il imposera aux gangs de filles déterminera s’il mourra ou survivra pour offrir un nouveau futur à l’humanité.

Bien sûr, ce ne serait pas du goût de la Dr Madeline Baldino, la scientifique chargée de lui, qui complote pour concevoir un enfant avec un "vrai" homme. Car les clones sont sans valeur, seuls comptent les vrais enfants, mais pour en obtenir il faut de l’argent ou du pouvoir, parfois les deux.

Avec audace, Tricia Sullivan mêle dans Maul les problématiques contemporaines du genre, de la consommation, du pouvoir et des réalités virtuelles. Elle tisse un roman radical et débridé, captivant et sensible, à l’inventivité marquante.

Née en 1968 aux Etats-Unis, Tricias Sullivan a étudié la musique et les arts martiaux avant de se lancer dans l’écriture. Elle a écrit sept romans, dont Dreaming in Smoke, lauréat de l’Arthur C. Clarke Award en 1999. Sous le pseudonyme de Valery Leith, elle est aussi l’auteur de la série Everien. Elle vit en Angleterre depuis 1995 avec son mari et leurs enfants.

L’avis de cyrallen :

Maul est un roman détonnant, original, aux multiples niveaux de lecture, qui mélange en vrac l’influence de la société de consommation sur les jeunes, des virus inconnus qui déciment les hommes en particulier, les jeux vidéos, le sexe, le cyber-espace et la recherche scientifique aux limites de l’éthique.

Le roman alterne entre deux espaces dont un existe dans la "réalité" et l’autre est un lieu/jeu virtuel du cyber-espace, mais les frontières entre ces deux "mondes" sont ténues et les évènements qui se déroulent dans l’un influencent le cours des aventures dans l’autre.

C’est ainsi que Meniscus, un homme survivant au terrible virus qui sévit sur Terre croise la route de Starry Eyes, un autre survivant qui rentre dans la catégorie "brute épaisse". Tous deux sont enfermés par un groupe de chercheuses dans un laboratoire à la pointe de la technologie, camouflé dans un parc d’attraction pour ne pas éveiller l’attention des autorités.

Pour survivre aux virus qui déciment tous les mâles non protégés dans des "castellations", sortes de villes sous globe hyper surveillées du point de vue bactériologique, Meniscus doit utiliser un jeu virtuel, Maul, (Mall en anglais signifie centre commercial) qui se déroule justement dans un centre commercial où sévissent des gangs de filles déjantées. Les aventures qu’il vit dans Mall personnifient les virus qu’il combat et sont la clef de sa guérison.

Une lecture intéressante seulement pour adultes en raison de quelques scènes un peu osées, et du parallèle permanent entre le réel et le virtuel, pas forcément facile à saisir d’emblée.


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