Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki

Article publié le mardi 26 avril 2011 par Philémont

Quatrième de couverture

Kafka Tamura, quinze ans, s’enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. De l’autre côté de l’archipel, Nakata, un vieil homme amnésique décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s’entremêlent pour devenir le miroir l’une de l’autre tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d’un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel. Conte initiatique du XXIe siècle, Kafka sur le rivage nous plonge dans une odyssée moderne et onirique au cœur du Japon contemporain.

« C’est cruel, beau, cru. Haruki Murakami nous entraîne dans des contrées sauvages jamais fouillées par âme humaine et fait appel à notre souplesse et à notre ouverture. Venez voir ailleurs et autrement ! » Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche

L’avis de Philémont

Kafka, adolescent de quinze ans, fuit le domicile paternel pour échapper à la prophétie que son père à prononcé contre lui. Nakata, sexagénaire amnésique, quitte lui aussi sa ville après avoir assassiné un psychopathe tueur de chats. Leur route les mène tous deux sur l’île de Shikoku où ils vont rencontrer leur destinée…

Kafka sur le rivage est donc l’histoire d’une double quête initiatique dans le Japon contemporain. Elle fait appel à une forme de surréalisme qui, à partir d’un quotidien banal, se développe en faisant appel à l’étrange et au merveilleux par petites touches délicates. Pour cela Haruki MURAKAMI fait appel aux concepts du bouddhisme et du shintoïsme, lesquels considèrent que tous les événements et tous les êtres sont reliés d’une façon ou d’une autre. C’est ainsi qu’une action provoque, même de manière lointaine et indirecte, une réaction dans l’instant, que ce soit dans le monde réel ou dans un univers parallèle.

En ce sens MURAKAMI ne peut guère cacher sa nationalité japonaise. Mais il est aussi influencé par la culture occidentale, notamment littéraire et musicale. Il est en effet traducteur de nombreux écrivains anglo-saxons (Scott Fitzgerald, John Irving, etc.) et fin connaisseur de jazz, auquel il fait de nombreuses références dans son roman.

Avec Kafka sur le rivage, le résultat est un roman tout à la fois mélancolique, étrange, inquiétant et parfois cruel. Il y analyse finement l’âme de ses personnages en quête d’identité, complexifie progressivement son intrigue, et en appelle de plus en plus aux facultés d’émerveillement de ses lecteurs. C’est ainsi que l’insolite devient pour ses derniers la norme et que de la pluie de poissons au fantôme d’une adolescente, alors que la femme cinquantenaire qu’elle est devenue est bien vivante, ne surprend même plus. Au contraire, tous ces éléments s’intègrent parfaitement à l’univers d’Haruki MURAKAMI et contribuent au développement de l’émotion qui se dégage de sa très belle prose.

C’est toute simplement superbe, en plus d’une d’être une excellente façon d’aborder la littérature japonaise de manière relativement simple pour les lecteurs occidentaux.


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