Martiens, go home !

BROWN Fredric

Article publié le lundi 24 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d’invention, invoque désespérément sa muse - de toute évidence retenue ailleurs. Quand soudain… on frappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d’un ton désinvolte "Salut Toto !"

Non, ce n’est pas un Martien égaré sur la Terre ; c’est un milliard d’entre eux qui l’ont envahie ! Et tous hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d’une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité…

Mais que peut-il advenir si tout mensonge s’avère impossible ? Et l’humanité entière, unie dans sa misère commune, de s’écrier d’une seule voix : "Comment s’en débarrasser ?"

L’avis de Cyrallen :

Parsemé de pointes d’humour (assez souvent noir) à presque toutes les apparitions des petits hommes verts, on en vient très vite à vouloir étrangler de ses propres mains ces martiens vraiment exaspérants, mais la plupart du temps inoffensifs directement.

Lorsqu’elles ne sont pas purement gratuites, leurs railleries mettent chaque fois le doigt sur ce qu’il ne faudrait pas, et l’humanité de s’enliser alors dans ses tentatives pour retrouver sa dignité.

Jouant dans le même registre que les affreux Gremlins de Steven Spielberg au cinéma, Martiens, go home ! se lit facilement d’une traite, les chapitres sont courts, parfois à la limite du cynisme, mais amènent tous à la pirouette finale qui fait de ce roman une sorte d’ovni humoristique ;-)

Voici l’histoire la plus courte de Fredric Brown :

"Le dernier homme vivant sur la Terre se trouvait chez lui. On frappa à la porte."
Extrait de "Fantômes et Farfafouilles", 1961

Extraits :

1- Psychologiquement, les Martiens se ressemblaient encore plus que physiquement, mises à part quelques variations d’ordre secondaire (il y en avait quelques-uns qui étaient encore pires que les autres).

Mais tous, autant qu’ils étaient, se montraient acariâtres, arrogants, atrabilaires, barbares, bourrus, contrariants, corrosifs, déplaisants, diaboliques, effrontés, exaspérants, exécrables, féroces, fripons, glapissants, grincheux, grossiers, haïssables, hargneux, hostiles, injurieux, impudents, irascibles, jacasseurs, korriganesques. Ils étaient lassants, malfaisants, malhonnêtes, maussades, nuisibles, odieux, offensants, perfides, pernicieux, pervers, querelleurs, railleurs, revêches, ricanants, sarcastiques, truculents, ubiquistes, ulcérants, vexatoires, wisigothiques, xénophobes et zélés à la tâche de faire vaciller la raison de quiconque entrait en leur contact…

2- Il y avait, bien sûr, les sourds et les aveugles qui n’avaient jamais eu de preuve sensorielle de leur existence et devaient s’en rapporter à ce qu’on leur en disait. Si certains n’y croyaient pas réellement, on ne pouvait les en blâmer.

Il y avait aussi les millions de gens - sains d’esprit ou non - qui admettaient leur existence, mais refusaient de voir en eux des Martiens. La plupart étaient les superstitieux et les fanatiques religieux, selon qui c’étaient en réalité, au choix : des anges du mal, des banshees, des chimères, des diablotins, des doppelgängers, des élémentals, des elfes, des esprits, des enchanteurs, des fantômes, des farfadets, des génies, des gnomes, des goblins, des kobolds, des korrigans, des leprechauns, des lutins, des magiciens, des maudits de l’Enfer, des péris, des puissances des ténèbres, des sorciers, des spectres, des trolls et des je ne sais quoi encore.

3- Aux U.S.A, on estima à trente mille le nombre des victimes touchées dans les minutes suivant l’arrivée des Martiens. Les uns périrent d’arrêt du cœur dû à l’émotion, d’autres d’apoplexie. Beaucoup succombèrent à des coups de feu, car on tira énormément sur les Martiens, mais comme les balles les traversaient sans mal, elles allaient en général se perdre dans de la chair humaine toute prête à les recevoir. Enfin, il se produisit de nombreux accidents d’auto, beaucoup de Martiens ayant couimé directement dans les véhicules en marche, avec une prédilection pour les sièges avant à côté des conducteurs. Entendre au niveau d’un siège que l’on croyait vide une voix vous dire brusquement : "Plus vite, Toto, appuie sur la pédale", est un test de contrôle des nerfs dont peu d’automobilistes sont capables de se tirer sans aucun dommage.


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