Les Derynis - La trilogie des rois T1 : Roi de folie

KURTZ Katherine

Article publié le vendredi 11 juin 2010 par Philémont

Quatrième de couverture

Gwynedd tremble sous la folie du roi Imre Festyl, héritier d’une famille de deryni qui a mis fin au règne des Haldane. Camber MacRorie, comte de Cuidi, sait qu’il ne pourra servir Imre comme il a servi ses prédécesseurs. Car il est deryni, et des plus puissants ; et il sait que les abus du nouveau roi rendent la race des derynis haïssable aux humains. Mais la dynastie des Haldane n’est peut-être pas éteinte. S’il y a un héritier, il faut le retrouver, lui donner le pouvoir de reprendre le trône et au besoin le convaincre d’user de ce pouvoir. Ce qui ne sera pas forcément facile. Et surtout Imre sent le danger. Tout bascule soudain, il tue ceux qu’il croit faire partie du complot, ses fêtes somptueuses tournent au cauchemar, il se réfugie dans les bras de sa soeur et se laisse aller à un amour dévorant et interdit, les châteaux de ses ennemis sont brûlés, leurs terres semées de sel… Le roi s’enfonce dans un délire éthylique où ne demeure qu’une lumière unique : sa sœur.

Katherine Kurtz est née en Floride au cours d’un ouragan. Elle a fait des études de chimie et de médecine avant de se consacrer à l’histoire médiévale anglaise. Elle a trouvé son havre de grâce en Irlande où elle donne libre cours à sa passion pour l’équitation. Le cycle des Derynis, commencé en 1970, est l’œuvre de toute sa vie.

L’avis de Philémont

Dans les Onze Royaumes, et notamment celui de Gwynedd, le système social et politique est féodal, le système religieux chrétien. Y cohabitent humains et Derynis, ces derniers étant dotés de pouvoirs magiques ; l’Histoire politique de Gwynedd est d’ailleurs une succession d’alternances des uns et des autres sur le trône.

Au début du Xème siècle, c’est la dynastie derynie Festil qui l’occupe depuis quatre-vingts ans, consécutivement à un coup d’Etat particulièrement violent qui est censée avoir fait disparaître toute entière la dynastie humaine Haldane. En 903, Imre règne depuis trois ans mais ne fait pas l’unanimité ; en particulier, Camber MacRorie, septième comte de Culdi, conseiller reconnu et apprécié du précédent règne, s’est retiré sur ses terres au moment du sacre d’Imre, refusant de cautionner sa politique peu sociale.

Les choses en resteraient là si les intrigues de cour ne conduisaient pas à l’assassinat de son fils aîné par le roi lui-même. Dès lors, Camber de Culdi va exploiter une découverte de son fils cadet, Joram, et de son futur gendre, Rhys Thuryn, pour destituer Imre du trône de Gwynedd : la dynastie Haldane ne serait pas encore éteinte. C’est donc à une véritable trahison qu’il se livre, et ce d’autant plus qu’il est Deryni et qu’il cherche à détruire un autre Deryni au profit d’un humain.

Voilà donc a priori une fantasy des plus classiques. De fait ni l’univers médiéval ni l’intrigue axée sur les machinations politiques, ponctuées de quelques batailles, ne montrent une originalité quelconque. Rappelons toutefois que le roman date des années 1970 et qu’il posait alors les bases de cette littérature qui, à compter des années 1980, deviendrait pléthorique et se poserait comme l’héritière des grands anciens tels que TOLKIEN. Signalons aussi qu’il s’agit là d’une fantasy érudite, dans laquelle l’univers décrit est parfaitement crédible, du point de vue politique et social d’une part, mais surtout du point de vue religieux ; il est vrai que Katherine KURTZ est une spécialiste de l’histoire médiéval anglaise et de l’église catholique romaine et que rarement (jamais ?) la pratique religieuse n’aura été aussi précisément décrite dans une telle oeuvre. Et peu importe que la magie des Derynis y soit associée puisqu’elle le fait très subtilement.

Il n’en reste pas moins que l’oeuvre est un peu trop facile, tant au niveau de l’écriture que de celui de l’intrigue. Il est vrai aussi que la géographie des Onze Royaumes n’est quasiment pas exploitée. Enfin, les thèmes développés sont tels que l’auteure n’évite pas certaines longueurs, et ce d’autant plus qu’elle développe son histoire sur trois romans. Il est vrai que, au-delà de l’intérêt pédagogique, la description détaillée d’une cérémonie religieuse sur de nombreuses pages peut entraîner quelques bâillements. En outre cette trilogie ne concerne que Camber de Culdi et l’on sait que Katherine KURTZ a eu l’occasion de développer les conséquences des actes de ce personnage sur plus d’un siècle en aval de l’Histoire de Gwynedd, donnant lieu à l’écriture de trois autres trilogies.


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