Siècle d’Enfer

CASTAING Frédéric

Article publié le jeudi 13 août 2009 par Cyrallen
Site à visiter: http://www.audiable.com

Quatrième de couverture :

« Ils sont venus me chercher à midi, après notre match contre ceux du bâtiment C. Un nouveau, ses boutons dorés clignotaient dans la pénombre, et André, je reconnaîtrais le bruit de ses clés entre mille. On venait à peine d’arriver dans les vestiaires, j’allais entrer sous la douche, André s’est approché… On t’emmène chez le directeur, dépêche toi !…

Il me regardait comme à chaque fois. Arthur dit qu’un jour il lui cassera les dents mais jusqu’à présent, il n’a rien fait, ça me fait bien rigoler. J’ai mis mon slip et enfilé mon survêtement, les baskets, en prenant mon temps. Je commençais à faire mon sac, le nouveau a posé sa matraque sur mes affaires et m’a repoussé en arrière…Tu laisses ça là !… »

L’auteur :

Né dans le Tarn en 1944, petit-fils de Madelaine Castaing, après des études classiques au lycée de Chartres puis à la Sorbonne, Frédéric Castaing est professeur d’histoire pendant 10 ans de Nanterre au lycée Henri IV, avant de devenir expert en autographes et documents historiques, et d’ouvrir une galerie à Paris, rue Jacob. Spécialiste des manuscrits du dix-huitième siècle, il est membre de la Commission Consultative des Trésors Nationaux et depuis 2004, président du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne (SLAM).

Le mot de l’éditeur :

Enfermé depuis l’âge de 5 ans dans un camp de rééducation destiné aux enfants qui ont commis des crimes particulièrement odieux, le héros de Siècle d’enfer est libéré à 22 ans. Notre nouveau Candide va découvrir le monde du dehors. Un monde qui ressemble étrangement au nôtre, ou pourrait en être le prolongement immédiat. État totalitaire, violence des rapports sociaux qui écrasent les êtres, violence des rapports humains qui rongent les âmes.

Il part à la découverte de lui-même, de ce qui peut bien provoquer ces étranges nausées en présence de certaines personnes ou face à certains événements. Tel un moderne Arthur Gordon Pym, référence en contrepoint de ses propres tribulations, le héros perdu verra, au fur à mesure de ses aventures et de ses rencontres, le mystère se lever sur son identité réelle et son passé.

Une voix à vif qui tient le lecteur en haleine, et un thème au cœur de ses romans, celui de la barbarie - barbarie sociale de l’exclusion et du chômage, barbarie politique de l’état totalitaire : deux faces de la même menace -, caractérisent cet auteur érudit qui revendique les influences de Céline et d’Hemingway. Avec cette belle originalité et cette langue vivante, urbaine, Frédéric Castaing est une magnifique découverte, celle d’un auteur français de poids dans le catalogue du Diable.

L’avis de Cyrallen :

Première constatation dès le début de "Siècle d’enfer" : il faut pas mal de persévérance pour comprendre et assimiler le style d’écriture urbain très particulier de Frédéric Castaing. Par exemple pour dire "une femme blonde de trente ans" il faut lire "une trente oxygénée" ou encore "deux quarante blouson rouge" etc… A noter que cela rend le style d’autant plus vivant et descriptif mais difficile à suivre. Mais ce style sert parfaitement l’ambiance floue et futuriste qui règne dans le roman, un monde incertain et sans repères moraux.

Une fois cette petite mise en route, une autre difficulté apparaît : le nombre de personnages secondaires augmente très rapidement au point que parfois on a du mal en début de roman à les situer par rapport au héros.

Ceci mis à part, l’univers noir dans lequel évolue notre héros "Vendredi" n’est pas si lointain du nôtre : l’indifférence règne, les classes sociales sont complètement cloisonnées, quelques immenses fortunes face à des classes moyennes de plus en plus pauvres qui vendent leurs biens et leurs maison pour se lancer dans des migrations gigantesques qui leur promettent un avenir meilleur : "le train de la Relève". Mais c’est sans compter la présence des bandes errantes qui pillent, violent et tuent sous le regard de la police quasi-indifférente.

Dans cet univers débordant de violence, notre héros sort à l’âge de 22 ans d’un centre de rééducation, et nous découvrons le monde à travers ses yeux. Son adaptation est difficile, surtout qu’il est pris en chasse par des tueurs dès sa sortie et que certaines personnes haut placées cherchent à tout prix à l’éliminer. Qu’a-t-il donc fait dans son enfance pour être au centre de l’attention de personnalités aussi puissantes et déterminées ?

Un roman pas forcément facile à aborder, dans un univers sombre mais avec une intrigue qui finit par reprendre le dessus. Les révélations et découvertes en fin de roman éclairent d’un coup le passé de notre héros et lui permettent de comprendre pourquoi il a passé 17 ans de sa vie dans un camp sans avoir aucun souvenir des faits.


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