Novice

BUTLER Octavia Estelle

Article publié le lundi 1er septembre 2008 par Cyrallen
Mis à jour le mardi 9 septembre 2008

Quatrième de Couverture :

Imaginez une enfant de 10 ans, noire et amnésique, cherchant ceux qui l’ont laissée pour morte dans une forêt après avoir décimé sa famille. Traquée par des ennemis invisibles, elle remonte bientôt le fil de sa vie pour découvrir qu’elle est en réalité âgée de 53 ans, dotée de pouvoirs surnaturels et d’une sexualité aussi vitale d’ambiguë…

Née à Pasadena en 1947, plusieurs fois lauréate des prix Hugo et Nébula, mais aussi du prestigieux prix MacArthur Grant "genius", Octavia E. Butler est décédée en 2006 à Seattle, à 59 ans. Paru en 2005 après sept ans de silence, Novice constitue son testament littéraire.

"Octavia Butler est une des plus grandes voix de la fiction, point.
Conteuse de génie, elle pose un regard impitoyable sur le racisme, le sexisme, la pauvreté et l’ignorance." Washington Post

L’avis de Cyrallen :

La maison d’édition Au Diable Vauvert nous offre à nouveau un roman de grande qualité qui constitue le dernier roman écrit par l’auteur Octavia E. Butler, lauréate des Prix Hugo et Nebula.

Nous nous attachons aux pas d’une jeune fille noire, Shori, qui se révèle vite être un membre d’une communauté assimilée aux vampires des légendes, les Inas.
Shori se réveille amnésique et gravement blessée au beau milieu d’une forêt, dans une grotte. Sa survie ne dépendra que de ses réflexes acquis au cours de sa vie précédente, lorsqu’elle avait encore de la mémoire et une famille.

Il lui faut tout redécouvrir, pas à pas. Par exemple, elle va vite constater l’impératif vital de se trouver des symbiotes humains qui accepteront de l’accompagner toute leur vie pour leur bien mutuel (ils peuvent ainsi vivre jusqu’à 200 ans sans aucune maladie). Il lui faudra tisser des liens forts (voire sexuels) avec eux et apprendre à se nourrir de leur sang sans leur faire de mal.
Il lui faudra également trouver des informations sur le drame qui a conduit à sa perte de mémoire. Cet évènement semble d’ailleurs être lié au massacre de la famille de ses mères dont les corps sont absents des décombres fumants de leur ancienne communauté, située à quelques centaines de mètres de la grotte où elle s’est réveillée.

Et visiblement, les individus qui sont à ses trousses sont bel et bien les mêmes que ceux qui ont mis le feu en plein jour (lorsque les Inas dorment) aux maisons de ses mères et de leurs symbiotes, ne laissant aucun survivant à part elle même. Shori devra trouver de l’aide et reconstituer son passé pour espérer survivre et redonner vie à une nouvelle famille.

D’habitude, je n’aime pas particulièrement les histoires de vampires car les clichés sont quasiment toujours les mêmes et l’on en revient souvent aux mêmes scénarios. Ici, cela n’a rien à voir. La société décrite par l’auteur est très originale, les relations entre les symbiotes humains et les Inas sont fortes et très bien décrites. L’ensemble nous donne un roman captivant, aux personnages très attachants et soucieux de vérité, d’équité et de justice.

Mais finalement, le lecteur s’aperçoit bien vite que ces Inas ne sont qu’un prétexte pour traiter de la question du racisme et de la différence d’une façon très intelligente et sensible, mêlant génétique, traditions et croyances ancestrales. La séquence du grand Conseil où siègent les plus "sages" Inas pour rendre justice est ainsi mémorable.
La façon se vivre de ces Inas extraordinaires est complexe et le lecteur, comme Shori, en apprend un peu plus à chaque page, chaque détail ayant son importance, l’ensemble de la trame étant très astucieuse et bien construite.

Un excellent roman à recommander sans restriction aux lecteurs adultes.

"C’est une des rares auteurs qui prête attention aux relations humaines, à la façon dont les humaines s’entraident et s’entredéchirent. Et elle le fait avec une crédibilité extraordinaire." Locus.

"Ce que l’auteur "Cyberpunk" William Gibson fait pour les jeunes blancs désoeuvrés, Octavia Butler le fait pour les gens de couleur. Elle nous donne un futur." Vibe

" Octavia Butler est une des plus grandes voix de la fiction, point. En conteuse de génie, elle pose un regard impitoyable sur le racisme, le sexisme, la pauvreté et l’ignorance et offre au lecteur une vision de l’horreur et de la beauté de la nature humaine". Washington Post Book World

Citations de l’auteur :

1- Je pense qu’une des raisons qui m’a menée à la SF, c’était la banalité de mon existence. Si on est seul et socialement inadapté, et qu’on lit beaucoup, on a l’impression que d’autres mondes plus intéressants sont à portée de main.

2- Je suis un écraivain de 53 ans, je me rappelle l’écrivain que j’étais à 10 ans, et j’attends d’être un écrivain de 80 ans. Je suis confortablement asociale : un véritable ermite en plein coeur de Seattle. Pessimiste si je ne me contrôle pas, féministe, ex-Baptiste, je suis une combinaison explosive d’ambition, de paresse, de doutes, d’assurance et de motivations.


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