L’homme dans le labyrinthe

SILVERBERG Robert

Article publié le vendredi 27 juin 2008 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

"Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d’une ville …"
Tous les hommes qui ont tenté de pénétrer dans le labyrinthe avec Muller sont morts d’une façon atroce. Tous ceux qui ont essayé de l’y rejoindre ont été massacrés.
Aujourd’hui Ned Rawlins vient d’atterrir près du labyrinthe pour ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui, neuf ans auparavant, l’a impitoyablement chassé. Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d’accomplir sa mission ?

Robert SILVERBERG. Né à Brooklyn en 1935, diplômé de l’université de Columbia, il est l’auteur de plus de cent nouvelles ou romans. Les éditions J’ai lu ont publié, entre autre , Un jeu cruel, Les monades urbaines, Trips, L’oreille interne

L’avis de Cyrallen :

Cela fait neuf ans que Muller a volontairement atterrit sur Lemnos, fuyant la société. Depuis, il s’adapte à la complexité du labyrinthe. Fâché avec l’humanité, cette solitude lui convient très bien et il a fini par prendre ses petites habitudes sur un monde où il est le seul être humain encore survivant.

D’autres ont bien sûr essayé de le rejoindre et de le contacter. Mais le labyrinthe les a décimés en quelques jours tout au plus.

Le labyrinthe est composé de plusieurs secteurs, du plus dangereux à l’extérieur au plus sûr au centre. Ses pièges sont extrêmement ingénieux et cruels. Ils surgissent par surprise lorsque l’explorateur se croit sorti d’affaire ou bien modifient sa perception pour l’entraîner dans un gouffre ou sous une lame acérée. A ces dangers mortels s’ajoute la faune locale, qui n’hésite pas à améliorer son repas avec ces étranges et rares bipèdes.

Muller vit dans les zones A et B, chasse dans les zones C et D mais ne s’aventure que rarement dans les zones suivantes, de E à H, qui ne laissent pas beaucoup de chances aux éventuels explorateurs.

Une nouvelle équipe en provenance de la Terre vient d’atterrir sur Lemnos, quelques années après les expéditions précédentes qui furent toutes des échecs. Composée de nombreux robots, quelques volontaires et principalement de Charles Boardman et de Ned Rawlins, elle a pour but de contacter Muller et de le sortir du labyrinthe, de gré ou de force.

En effet, Muller est le seul à pouvoir sauver l’humanité d’un danger imminent. L’humanité risque rien de moins que de disparaître si Boardman et Rawlins ne parviennent pas à contacter Muller et à le convaincre de sortir de ce piège géant.
Le massacre peut commencer.

Un très bon roman de R. Silverberg qui fait preuve, comme d’habitude, d’une imagination débordante dans ce roman comme dans tous les autres. _ Son monde est encore une fois très bien construit, le labyrinthe est une création très astucieuse et les pièges sont extrêmement réalistes. On suit les tentatives infructueuses des robots envoyés en repérage, qui avancent pas à pas dans les allées du labyrinthe, gagnant chaque fois à peine quelques mètres avant de se faire broyer ou écraser par un piège indétectable même par les meilleurs outils. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de robots et que l’on commence à envoyer des hommes volontaires…
Tout cela bien sûr, sous les yeux de Muller qui, protégé au centre du labyrinthe, observe l’avancée de ces envahisseurs sur les écrans de surveillance qui parsèment les moindres recoins du labyrinthe.
A lire sans hésiter.

Extraits :

1- Tenant fermement son revolver, il marchait lentement à travers la cité étrangère en quête de son dîner. Cela faisait aussi partie d’une routine soigneusement établie. Dans un caisson à rayonnements, à un demi-kilomètre de là, il avait stocké des réserves de vivres pour six mois et pourtant, chaque nuit, il partait chasser afin de pouvoir aussitôt remplacer dans sa cache l’équivalent de nourriture qu’il en avait sortie. Pour lui, c’était une manière de tuer le temps et aussi un besoin. Cette réserve constante lui serait vitale si un jour le labyrinthe le blessait ou le paralysait. Son regard perçant scrutait les intersections des galeries qui s’ouvraient devant lui. Il vivait entre ces murs et ces écrans qui recelaient des trappes et des pièges. Il respirait profondément, assurant bien chaque pied sur le sol avant de lever l’autre. (…)
Le détecteur de masse qu’il portait à l’oreille gauche émis un bruit aigu. Muller l’avait programmé pour distinguer trois ordres de poids : les créatures pesant entre dix et vingt kilos, à dentition redoutable, celles entre cinquante et cent kilos et celles pesant plus de cinq cent kilos. Les plus petites avaient la détestable habitude d’attaquer à la gorge, quand aux plus grosses elles écrasaient tout sur leur passage sans y prêter attention. Muller chassait uniquement les animaux de la gamme moyenne et évitait les autres.

2- - Juste sous nos pieds, dit Boardman. C’est là qu’il doit être. Vous ne croyez pas, Ned ? Vous voyez ce point brillant ? Il indique le même poids, la même densité. Tout correspond. Un homme. Ce ne peut être que Muller.
- Au cœur du labyrinthe, dit Rawlins. Ainsi, il a donc réussi !
- Oui. D’une façon ou d’une autre.
Boardman se pencha pour étudier l’écran avec attention. Vue de deux mille mètres, la forme de la cité intérieure apparaissait nettement. On pouvait remarquer huit quartiers distincts, chacun possédant son style propre d’architecture ; ses places et ses avenues ; les intersections de rues à angle droit ; le dessin étrange des galeries qui se nouaient, s’entrelaçaient et s’agençaient inextricablement. (…)
- Je sais que cela peut sembler naïf, Charles, mais pourquoi ne descendons-nous pas simplement pour atterrir sur l’esplanade centrale ? Ce serait très faisable.
- Je vais vous montrer, répondit Boardman.
Il donna un ordre. Un engin de sondage téléguidé, équipé de caméras, se détacha de l’astronef et plongea vers le sol. Boardman et Rawlins suivirent des yeux la descente rapide du projectile d’un gris métallique qui, au fur et à mesure de son approche, envoyait une image de plus en plus nette de la cité. On pouvait distinguer sur l’écran certaines détails compliqués d’architecture. Soudain, alors que le robot volant n’était plus qu’à quelques mètres au-dessus des bâtiments, il se passa une chose étrange. Le projectile s’enflamma brusquement, puis apparut un petit nuage de fumée verte… et puis plus rien. Rien ne subsistait, pas même quelques éclats…
Boardman sembla approuver :
- Non, il n’y a pas eu de changement. Cette ville est toujours défendue par un champ protecteur. Tout ce qui essaye de le traverser est immanquablement volatilisé.
- Même un oiseau qui s’approcherait de trop près…
- Il n’y a pas d’oiseaux sur Lemnos.
- Et la pluie ? Tout ce qui…
- Il ne pleut jamais sur Lemnos, l’interrompit durement Boardman. Du moins pas sur ce continent. Cette cité ne se préserve que d’une seule chose : des intrus qui cherchent à y pénétrer. Nous avons découvert cela dès la première expédition.


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