La trahison des dieux

BRADLEY Marion Zimmer

Article publié le lundi 24 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Le récit légendaire de la guerre de Troie ressuscité par l’auteur des Dames du Lac.

La princesse Cassandre, fille du roi Priam, prêtresse du temple d’Apollon, a vu l’inexorable avenir : Hector tué par Achille, les Grecs vainqueurs après des années de siège, la ville à feu et à sang, en expiation de l’enlèvement d’Hélène.

Mais comment détourner la marche du destin, comment surmonter l’aveuglement et l’inconséquence des hommes ? Écartelée entre l’obéissance aux dieux et ses liens avec les humains, Cassandre assistera désespérée à l’accomplissement de la volonté divine. Passions amoureuses, fracas des batailles, héroïsme et violence des combats singuliers, intrigues de palais : l’épopée ancienne devient ici un fabuleux roman historique au rythme haletant, aux couleurs somptueuses.

L’avis de Philémont :

La guerre de Troie vue du côté des femmes…

Un tel sujet implique que l’intrigue de La trahison des Dieux est sans surprise puisque cette histoire fait partie du patrimoine de l’humanité depuis presque trois millénaires (l’Iliade a probablement été rédigée entre 850 et 750 avant Jésus-Christ). De même, pour qui connaît déjà le cycle des Dames du Lac, la démarche de Marion Zimmer BRADLEY est familière puisqu’elle présente la légende d’un point de vue exclusivement féminin.

Certes la femme est au coeur du drame qui s’est noué à Troie, puisque c’est Hélène, l’épouse du grec Ménélas, qui est à l’origine de la guerre qui a opposé les grecs aux troyens. Mais BRADLEY lui préfère Cassandre, sa belle-soeur troyenne, comme sujet principal de son roman.

Cassandre est en effet la prêtresse incomprise qui prédit à tous que l’amour de son frère Pâris et d’Hélène entraînera la mort de son frère Hector et la chute de Troie. Elle a beau être en relation avec les Dieux, elle n’est écoutée par personne et est considérée comme un oiseau de mauvais augure par ses proches.

La trahison des Dieux présente donc de nombreuses qualités communes aux Dames du Lac, en premier lieu une très belle écriture, axée sur la psychologie des personnages. Néanmoins ce roman n’a pas la force de son illustre aîné à cause du manichéisme des propos de l’auteur. En effet, dans ce roman, tout ce qui est masculin n’est que défaut (Hector est brutal et querelleur, Pâris est infidèle, Achille est fou à lier, etc.), alors que les femmes ne sont que vertu (y compris Hélène qui n’a fait qu’abandonner un mari violent). Sachant que BRADLEY n’aborde que très peu les implications politiques et économiques de cette guerre, ce parti pris est quelque peu agaçant.

Il n’en demeure pas moins que la guerre de Troie revisitée par une grande romancière est suffisamment motivant pour donner envie de lire La trahison des Dieux. Et cette lecture s’avère au final on ne peut plus agréable.


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