Les tribulations d’un Mage en Aurient (T17 Les Annales du Disque-Monde)

PRATCHETT Terry

Article publié le samedi 29 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Figé dans un immobilisme séculaire derrière sa Grande muraille, voici l’impénétrable enmpire agatéen d’Aurient.

La tourmente va le saisir par l’effet d’un petit livre révolutionnaire : Ce que j’ai fait pendant mes vacances.

Que s’unissent les travailleurs, qui n’ont rien à perdre que leurs buffles d’eau ! Et, tandis que les seigneurs de la guerre s’affrontent pour le pouvoir, l’Armée rouge se dresse (moyenne d’âge : 8 ans), guidée par le Grand Mage Rincevent (vous avez bien lu), de retour en tête d’affiche. Mais la Horde d’Argent s’approche de la Cité interdite où réside l’empereur ; six héros cacochymes, dont un en fauteuil roulant, sous la conduite de Cohen le Barbare (90 ans bien sonnés, 1,50 m avec les semelles orthopédiques). L’affrontement est inévitable.

L’avis de Cyrallen :

Encore un Pratchett réussi, où l’on retrouve notre célèbre "Maje" Rincevent ainsi que la "Horde d’argent" menée par le non moins célèbre Cohen le Barbare. Les tribulations de Rincevent se déroulent cette fois-ci dans le Grand Empire Agatéen d’Aurient, où la rébellion gronde. L’armée rouge composée d’une bande de gamins illuminée veut mettre un terme à l’oppression de l’Empereur tyrannique qui règne en ces lieux, mais le soutient des conducteurs de buffles (qui composent la majorité de la population placide du coin) risque d’être assez difficile à obtenir vu le manque d’enthousiasme évident de cette catégorie socioprofessionnelle pour tout ce qui touche aux conditions salariales.

Pour mettre au point leur plan d’attaque, il va falloir le soutient d’un Grand mage venu de loin comme il est dit dans les légendes (et en l’occurrence dans un livre de récit de voyage, écrit par notre cher touriste deux-fleurs que l’on retrouve ici en pleine forme). Et pourquoi pas Rincevent, parachuté là bien par hasard contre son gré par ses condisciples de l’école de magie d’Ankh-morpork à la suite d’une missive "volante" ? Prendre la tête de l’armée rouge pleine d’espoirs et composer avec la Horde d’argent (débordante d’idées risque récurrentes du genre "on fonce dans le tas") risque de réserver bien des frayeurs à notre paisible apprenti mage… Ce pratchett fait partie des livre de la série du Disque monde qui se lit avec grand plaisir, bourré de jeux de mots et de situations cocasses comme à l’habitude, à lire sans crainte pour les fans de la série et pour les lecteurs souhaitant se distraire à bon escient de lectures plus fastidieuses.

Extraits :

1- L’Empire était entouré d’un mur. Quand on vivait dans l’Empire, on apprenait à faire de la soupe à partir de cris de cochons et de bave d’hirondelle parce que telle était la recette, et on se faisait maltraiter par des soldats à longueur de temps parce que le monde fonctionnait ainsi.
Mais si quelqu’un écrivait un petit bouquin enjoué sur…
… ce que j’ai fait pendant mes vacances…
… dans un pays où le monde fonctionnait différemment…
… alors quelque soit le degré de fossilisation de la société, il se trouverait toujours des gens pour se poser des questions dangereuses comme : "où est le cochon ?"
Rincevent fixait le mur d’un regard morne. Paysans de l’Empire, rebellez-vous ! Vous n’avez rien d’autre à perdre que vos têtes, vos mains et vos pieds, sans oublier cette spécialité avec un gilet de fil de fer et une râpe à fromage dont vous risquez de faire les frais…
Il retourna le livre. Pas de nom d’auteur. Rien qu’un message très court : Chance accrue ! Faites de copies ! Durée prolongée et bonheur à vore entreprise !
Ankh-Morpork avait aussi connu quelques rébellions au cours de son histoire. Mais personne ne s’amusait à les organiser. On empoignait une arme et on descendait dans la rue. Personne ne s’encombrait d’un cri de guerre officiel, on préférait : " Le v’la ! Attrape-le ! Vous l’tenez ? Alors flanquez-lui un coup de pied dans les burettes !"
Pourtant… le déclencheur de telles réactions n’en était pas le plus souvent la raison profonde. Lorsqu’on avait pendu le seigneur Claquebec le Fou par son figuin*, ce n’était pas réellement parce qu’il avait forcé le pauvre Pelote Boggis à manger son propre nez, mais parce qu’après tant d’années de méchanceté inventive accumulées les griefs avaient atteint un point…

* Selon les livres d’histoire. Mais comme tous les autres jeunes étudiants, Rincevent avait cherché avec confiance le mot "figuin" dans le dictionnaire et découvert qu’il s’agissait d’un "petit pain au raisin". Ce qui signifiait soit que la langue avait légèrement évoluée au fil des ans, soit qu’on trouvait franchement horrible de se faire pendre à travers une brioche.


Réactions sur cet article

Aucune réaction pour le moment!



 
Propulsé par SPIP 1.9.2g | Suivre la vie du site RSS 2.0