La Danse du Miroir (T9 La Saga Vorkosigan)

MC_MASTER BUJOLD Lois

Article publié le samedi 29 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Mark, le clone-jumeau de Miles, le fou errant, est revenu. Et, pour fêter son retour, il a volé aux Dendariis un navire de guerre ainsi qu’un commando entier, en se faisant passer pour Miles. Armé jusqu’aux dents, il fonce à présent vers l’ensemble de Jackson. Miles Naismith se lance à la poursuite de son double. En aveugle, sans savoir ce qui l’attend… En fait, un raid démentiel. Trafic de clones, transplantations de cerveaux… Avec, au bout du voyage, la mort. La mort pour Miles et la folie pour Mark. Est-ce la fin de l’histoire ? Non, car la mort, pour un Vorkosigan, n’est pas irréversible : on peut le ramener à la vie. A condition de retrouver son corps…

Biographie de l’auteur :

Lois McMaster Bujold est née en 1949 dans l’Ohio. Elle est passionnée de SF et a commencé à écrire dès l’adolescence. Elle a obtenu quatre fois le prix Hugo du meilleur roman pour les différentes épisodes d’un même cycle -La saga Vorkosigan -, fait inégalé dans les annales de la SF. La dans du miroir fait suite à Un clone encombrant.

L’avis de Jean-Marc Suzzoni :

La Flotte des Mercenaires Dendarii est en attente de sa prochaine mission. L’Amiral Naismith, puis un commando commandé par le Sergent Tara une "femme-louve" embarquent directement sur l’Arial, le vaisseau le plus rapide de la flotte, celui commandé par Bel Thorne l’hermaphrodite betan : direction le Monde de Jackson, l’un des pires coins de l’univers. La mission est simple : s’emparer de 80 clones dans une clinique de la Maison Bharaputra, des clones qui servent de réceptacles aux cerveaux de richissimes magnats ; ceux-ci acquérant ainsi une forme d’immortalité.

L’assaut est donné. Mais, voilà, l’Amiral Naismith n’est pas le vrai, celui que l’on connaît aussi sous le nom de Miles Vorkosigan, Seigneur Vor de Barrayar. Celui qui se lance dans une guerre privée (avec la complicité de Bel Thorne qui a fini par mettre à jour l’imposture) contre la Maison Bharaputra, n’est que Mark, le clone-frère de Miles… Et Mark, s’il a hérité du culot de son aîné, n’en a pas les talents de tacticien.

En dépit de la surprise, bientôt Mark, Bel Thorne et les Dendarii sont bloqués dans la clinique par l’armée privée de Vasa Luigi, le Baron Bharaputra.

Miles Vorkosigan, Elli Queen et un autre escadron de Dendarii arrivent enfin sur place…

Disons le franchement, le troisième prix Hugo attribué à Lois Mc Master Bujold pour ce roman est très largement mérité. Le style est toujours aussi clair et vif, avec parfois des changements de ton très bien venus dans les moments les plus stressants. La description des combats au sol a été particulièrement soignée ; ils sont quasi-cinématrographiques… L’intrigue rebondit en permanence et le lecteur ne sait jamais ce qu’il va se passer dans l’épisode suivant. Quant aux personnages, ils atteignent une profondeur rarement rencontrée dans un roman de SF.

D’abord, les méchants sont très réussis : les trois chefs des maisons jacksoniennes rivales, les Barons Fell, Bharaputra et Ryoval, montrent un cynisme et/ou une cruauté sans borne (surtout le dernier).

Les vieux personnages récurrents ont vieilli : Aral reste le militaire barrayaran loyal et rigide et Cordelia, qui montre, aux étrangers à sa famille, un faux air de matrone barrayarane, est restée toujours aussi sceptique sur la santé mentale des natifs de sa planète d’adoption. Son analyse (froide, cruelle, réaliste et pourtant aimante), de la psychologie de son mari est un grand moment dans cette saga familiale.

Le personnage de Miles est un peu en retrait, mais lui aussi a ses problèmes affectifs : Elena Bothari-Jesek (son amour transi d’adolescent), Elli (sa maîtresse et garde du corps dendarii) ou Rowan Durona (son infirmière et occasionnelle amante à qui il propose un brillant mariage), laquelle finira-t-il par épouser pour donner une descendance aux Vorkosigan ?

Mais c’est Mark le personnage principal. C’est un hôpital psychiatrique à lui tout seul : un poil paranoïaque, un rien schizophrène, il présente aussi un ego à multiples personnalités (Bouffe, Grogne, Hurle et Tueur…). Et pourtant, d’un personnage déplaisant au possible, l’auteur réussit presque à nous le faire prendre en pitié, tant il a souffert. Très beau tour de force littéraire.

J’ai vraiment bien aimé cet ouvrage.


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