Les chats fantastiques volume 2

Anthologies

Article publié le samedi 22 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

Habituellement associé au mystère et à la sérénité, le chat est aujourd’hui étroitement lié à la cruauté, à la métamorphose et au démon.
Ces 12 nouvelles anglo-saxonnes proposent effectivement une vision énigmatique, imprévisible et parfois sauvage de ce petit félin, prouvant que sa domesticité dissimule une âme de lion sous des yeux de velours et une intelligence de renard derrière un sourire vertical.
Le titre de ce deuxième volume donne d’évidence l’orientation de l’ouvrage. Frissons garantis…

Parmi les auteurs : E. F. Benson, Theodore Sturgeon, Bram Stoker, Algernon Blackwood, Barry Pain, Ramsey Campbell, Sylvia Townsend Warner…

L’avis de Philémont :

Le second volume des Chats fantastiques ressemble en tout point au premier opus. Il regroupe 12 nouvelles d’auteurs anglo-américians écrites entre 1893 et 1972.

1) L’homme aux chats, Byron Liggett, 1960 aux Etats-Unis, inédit en France. Un homme décide de s’exiler sur une île déserte en compagnie de deux couples de chats ; celui qui l’approvisionne nous fait le récit de cette quête de paradis qui se transforme en enfer.

2) Peluche, Theodore Sturgeon, 1947 aux Etats-Unis, 1963 en France. Une conversation entre un homme et un chat tourne à l’affrontement de leur cynisme respectif.

3) La Squaw, Bram Stoker, 1893 en Grande-Bretagne, 1964 en France. Une chatte se venge, avec la complicité de la Vierge de fer de Nuremberg, d’un stupide touriste américain qui a tué accidentellement son chaton.

4) Smith, Ann Chadwick, 1952 en Grande-Bretagne, inédit en France. Un écrivain se métamorphose en chat.

5) Le chat, Edward Frederic Benson, 1905 en Grande-Bretagne, inédit en France. Un peintre est atteint d’une maladie cérébrale étrangement stimulante et décadente.

6) La manche vide, Algernon Blackwood, 1911 en Grande-Bretagne, inédit en France. Un musicien doté de facultés surnaturelles adopte la forme d’un chat pour jouer le violon de ses rêves.

7) Le chat Chelsea, C.H.B. Kitchin, 1952 en Grande-Bretagne, inédit en France. Un collectionneur acquiert un petit chat en porcelaine et voit sa vie bouleversée.

8) Le chat gris, Barry Pain, 1901 en Grande-Bretagne, 2000 en France. Au retour d’une expédition centrafricaine, un explorateur rentre à Londres avec une statuette de chat et l’original en chair et en os.

9) Au chat et à la souris, Ramsey Campbell, 1972 en Grande-Bretagne, inédit en France. Un couple s’installe dans leur nouvelle maison, manifestement hantée.

10) Le château de Carabas, Sylvia Townsend Warner, 1940 aux Etats-Unis, inédit en France. Une malédiction frappe une famille depuis des générations, lorsqu’un membre de cette famille tua un chat botté.

11) Le chat jaune, Wilbur Daniel Steele, 1915 aux Etats-Unis, inédit en France. Un chat fantôme hante un navire.

12) Monsieur cherche un parti, Margaret Irwin, 1934 en Grande-Bretagne, inédit en France. Au 18ème siècle, un jeune homme se présente dans une famille pour y chercher femme et se retrouve en plein coeur d’une histoire de sorcellerie.

Les thèmes abordés sont donc divers. On y trouve des histoires de malédictions, de métamorphoses, de sorcellerie, etc. Toutes sont étranges, angoissantes. Comme il se doit dans une anthologie, on y trouve du très bon et du moins bon. Il est toutefois curieux de remarquer que le moins bon est plutôt à rechercher dans les textes les plus récents, leur modernisme s’accordant assez mal avec le classicisme des textes les plus anciens, qui composent la plus grande partie de l’ouvrage.

Tout cela est complété enfin par des notices biographiques et bibliographiques. Celle de C.H.B. Kitchin manque toutefois à l’appel, les informations éditoriales concernant cet auteur étant issues de mes propres recherches, et donc incertaines. Quant à la couverture, on remarquera qu’elle est bien plus adaptée à la thématique de l’ouvrage que celle du premier volume.

Extraits :

- Extrait de Peluche, Theodore Sturgeon :

Un objet blanc se déplaçait au sol, de rayon de lune en rayon de lune, venant vers lui. Ransome, sans faire de bruit, se disposa à attaquer ou à se défendre, à esquiver ou à battre en retraite. Il n’avait rien d’admirable, mais il devait sa réputation, et donc son existence, à ce trait, cette faculté qu’il avait de rester aux aguets en toute circonstance, sans prêter le flanc à la surprise. Essayez un peu de discuter avec un tel individu, un de ces jours.
L’objet blanc s’immobilisa pour le fixer d’un regard jaune-vert - Peluche. Peluche, l’air insouciant, décontracté et inoffensif au possible. En fait, quand il vit Ransome se détendre, il haussa un de ses sourcils aux longs poils, comme si l’embarras manifeste de l’autre l’amusait.
Ransome, tout en soutenant son regard avec urbanité, s’étira avec la grâce innée d’un chat. "Eh ! tu m’as fichu une sacrée frousse ! dit-il d’un ton enjoué. On ne t’a pas appris à frapper avant d’entrer dans le boudoir d’un monsieur ? "
Peluche leva une patte de velours, la lécha d’un grand coup de sa langue rose et demanda : "Tu me prends pour un malotru ?" Ransome sentit ses paupières s’alourdir. (C’était là le seul signe d’ébahissement qu’il montrait jamais.) S’il ne crut pas un instant que le chat avait bel et bien parlé, la voix qu’il venait d’entendre lui avait paru vaguement familière. On devait lui faire une blague, bien sûr. Seigneur… il "fallait" que c’en soit une !


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