La Plaie

HENNEBERG Nathalie C.

Article publié le samedi 29 décembre 2007 par Cyrallen

Quatrième de couverture :

An 3000. Une force d’origine inconnue, que l’on nomme la "Ténèbre" ou la "Plaie", s’est emparée de la Terre pour la plonger dans la souffrance, le meurtre et l’ignominie. Par l’entremise des "Nocturnes", ses agents, elle étend son règne dans l’univers des Astres libres.

Mais la Terre elle-même secrète l’antidote au mal qui la ronge : il s’agit de mutants aux pouvoirs mal définis, que les Nocturnes redoutent et pourchassent : voyants, sensitifs… ou vireurs d’univers, les plus puissants, les plus mystérieux.

Au terme d’un exode vertigineux sur des mondes hallucinants, c’est une armée hétéroclite qui fera route vers Sigma, capitale des mondes arcturiens, où l’attend l’ultime affrontement avec les forces du mal. Jamais le terme "d’Opéra de l’espace" ne fut plus justifié que pour désigner La Plaie, épopée lyrique, joyau de la science-fiction française. Parue en 1964, c’est l’œuvre majeure de Nathalie Henneberg, un auteur devenu mythique et qu’il faut aujourd’hui redécouvrir.

L’avis de F :

Vers l’année 3000, la Ténèbre, aussi appelée la Plaie, s’empare de la Terre et la plonge dans l’horreur et la folie, avant d’étendre son règne à l’univers. Ses agents, les Nocturnes, des hommes comme vous et moi, semblent pris d’une rage meurtrière qui laisse derrière eux meurtre et désolation. Or, à bien y réfléchir, ce n’est pas la première fois que la folie s’empare des hommes : souvenez vous des nazis, de l’inquisition…

Mais cette fois, la menace risque de s’emparer de l’univers. Sauf que la Terre sécrète elle-même l’antidote contre ce mal : des mutants aux capacités psychiques : télépathes, télékinésistes, sensitifs. Certains d’entre eux : Airth, Villys ou Veleran ont échappé de justesse aux Nocturnes pour aller vers Sigma, dernier refuge contre la Plaie, et où va se livrer la bataille finale.

Space opéra lyrique, La Plaie est un roman magnifique. Il impressionne tout autant par la qualité de l’écriture, qui est d’une grande poésie, que par les nuances de l’univers décrit. La classique lutte entre le Bien et le Mal prend ici une autre forme : le Mal apparaît dans toute son horreur et, s’inspirant de l’Enfer de Dante, Henneberg arrive à le décrire comme quelque chose d’absolument inhumain, étranger, incompréhensible. Cela sans se borner à l’opposition bons/mauvais, mais en donnant de multiples teintes intermédiaires.
Les Nocturnes ne sont que des malades qu’il ne sert à rien de tuer, ce sont également des victimes de la Plaie. Et les mutants ne sont pas tous héroïques, l’un d’entre eux n’hésite pas à trahir sa cause par soif de pouvoir. Les personnages sont loin des archétypes et donnent une réelle profondeur au roman : cependant, la richesse de ce roman peut le rendre difficile d’accès aux plus jeunes.

A noter qu’une suite à été donné à ce roman : Le Dieu foudroyé.

Extraits :

1- Nous délivrerons la Terre ! déclarait-il. Elle sera de nouveau libre et puissante, et ses nefs cingleront à travers l’infini. La lutte sera dure, mais n’est ce pas la plus beau sort : être personnages et spectateurs d’une épopée incomparable ?

2- Que pouvais-je faire ? Et d’abord, ce n’est ni Ligaya ni Cynthia qu’elles voulaient tuer. C’était vous.
- Pourquoi moi ?
Il haussa les épaules, las :
"Parce que vous et les vôtres… vous êtes déjà trop forts pour la Terre, avec ses puissances et ses fastes, que serait-ce d’Hephestion ? Parce que, dans l’immense lutte engagée, l’Univers menacé n’a pas trouvé d’autre riposte pour combattre sa plaie que de sécréter des mutants. Que vous faut-il en plus de cette énorme gloire ? Que désirez-vous encore, insatiable mutante ?

3- "Savez-vous où nous sommes tombés ? C’est la dixième Bolge de Dante, nous sommes tout près du cœur de l’enfer et il est déjà dans l’astronef."

En effet, le navire était plein d’une nuée oppressante, obscure, d’une chose vivante. Cela était entré à travers les parois monoatomiques, cela nous cernait, cela nous écrasait… Autour de nous, les gisants s’agitaient, râlaient, au fond d’un horrible cauchemar ; une voix d’homme prononça une longue menace ordurière, une femme invisible rit, animalement. Une joue d’enfant mouillée colla à ma cheville et je sus, d’après la chaleur et la faible odeur métallique, qu’il s’agissait non de larme mais de sang.


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